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We've Been Wrong About The Dinosaur Extinction (New Scientist)



Note: Entre Montréal et le cratère de Chicxulub dans le Yucatán, la distance en ligne droite (également connue sous le nom de distance du grand cercle) est d'environ 3 105 kilomètres (ou environ 1 929 miles).
 


Glissements de terrain et sédimentation événementielle à Manicouagan




Slope failures and event sedimentation in Manicouagan impact crater lake, northeastern Canada: From the 1663 CE Charlevoix earthquake to the large reservoir impoundment.

Léo Chassiot and colleagues used a transect of sediment cores to unravel the environmental history of a 60-km-long fjord-type lake drowned by the impoundment of Manicouagan Reservoir, the Eye of Quebec in northeastern Canada. The sediment cores, collected between 140 m and 430 m deep, contain numerous event deposits generated from multiple landslides, some of which were related to the major 1663 Charlevoix earthquake. The records further highlight how the filling of the annular crater severely disrupted sedimentary regimes with the onset of organic-rich sediments.

Read the full article: geosociety.co/slope

Trouvé ici.


Météorite de Saint-Robert (1994)

Aucune nouvelle météorite n’avait été identifiée au Canada depuis plus d’une décennie, mais cette situation allait radicalement changer le 14 juin 1994. À environ 20 h HNE, une boule de feu visible dans le ciel du Québec, de l’Ontario et des régions adjacentes des États-Unis a été suivie d’un bang sonique. Cela signalait l’explosion d’un météore et la chute subséquente de fragments de météorite au nord-est de Montréal.

Quelques minutes après l’impact, Stéphane Forcier a trouvé le premier fragment sur sa ferme familiale à Saint-Robert. Il avait remarqué que ses vaches étaient disposées en cercle et fixaient un petit trou dans le sol. Il a examiné le trou de plus près et en a retiré ce qu’il croyait être une roche de 2,3 kilogrammes. Le lendemain, le curateur de la Collection nationale de météorites de la Commission géologique du Canada, Richard Herd, a confirmé qu’il s’agissait d’une météorite pierreuse et l’a acquise pour la collection. Au cours des mois suivants, environ 25 kilogrammes de fragments de météorite ont été récupérés, le plus gros pesant 6,5 kilogrammes.

La météorite de Saint-Robert, seulement la 12e chute enregistrée au Canada depuis 1877, présentait un intérêt scientifique exceptionnel en raison du fait que les fragments ont été récupérés très rapidement après l’impact. Cela a permis à la Commission de procéder immédiatement à des mesures des isotopes de vie courte, qui peuvent révéler des renseignements sur la source et l’histoire de la météorite.


Plus d'infos ici.


Quel est l’âge du cratère de Charlevoix?



Extraits de cet article:

Charlevoix ne s’est pas toujours trouvé sous le 47e parallèle nord. À une époque géologique lointaine, il y a autour de 450 millions d’années, la région se situait à moins de 1000 km au sud de l'Équateur.

Le climat y est chaud, mais on est encore bien loin des paysages tropicaux actuels. En fait, la nature comme nous la connaissons ne s’est pas encore imposée sur la terre ferme. Des champignons et de petites plantes commencent alors à apparaître ici et là dans le panorama, mais les premières espèces animales n’ont colonisé que les eaux peu profondes de la planète.

Charlevoix se trouve d’ailleurs à une centaine de mètres sous l’eau, dans l’océan Iapétus (aussi appelé proto-Atlantique), campé entre le Bouclier canadien et les Appalaches.

Le niveau d'eau est alors beaucoup plus élevé tout le long du fleuve Saint-Laurent actuel. Montréal, Trois-Rivières, Québec, Charlevoix, et la Côte-Nord se trouvent sous l'eau, explique Jean-Michel Gastonguay, professeur de physique et d'astronomie au Centre d'études collégiales en Charlevoix et directeur des Observatoires astronomique et de l'Astroblème de Charlevoix.

Le Québec frappé en plein cœur

Un peu avant la fin de l’Ordovicien, il y a entre 430 et 453 millions d’années, Charlevoix est frappée par une météorite d’environ 6 km de diamètre qui pénètre dans l’atmosphère et percute la croûte terrestre à toute vitesse pour s’y enfoncer jusqu’à 12 km de profondeur.

Sous l’impact, la région se transforme en un immense cratère de roche en fusion. La météorite fond et se vaporise; les roches situées en périphérie du cratère se fracturent.

Des fragments et de la poussière de roche sont éjectés dans les airs pour ensuite retomber à l’intérieur et autour du cratère. Des fragments seraient tombés aussi loin qu’à Trois-Rivières, situé à 250 km, indique Jean-Michel Gastonguay.

C'est une force qui dépasse l'entendement. Même la couleur de l'atmosphère aurait changé pendant un certain temps, ajoute le professeur.

La géologie et la morphologie de la région subissent en quelques instants des transformations qui sont encore visibles de nos jours.

La chute de ce corps céleste venu de la ceinture d’astéroïdes – ou de l’orbite terrestre, selon une récente théorie – marque aussi l’ensemble de la planète.

Pour M.Gastonguay, l’événement cataclysmique présente des similitudes avec celui survenu sur le territoire mexicain plus récemment, il y a 66 millions d'années, et qui a mené à l'extinction des dinosaures. Si les deux météorites sont tombées en eau peu profonde près de l’Équateur, celle tombée au Yucatan a cependant libéré une quantité d’énergie beaucoup plus importante.

Cela ne veut pas dire que l’impact de Charlevoix a été sans conséquence. L'énergie dégagée est hallucinante! C'est plusieurs centaines de millions de fois plus puissants que la bombe qui a été larguée sur Hiroshima, illustre M.Gastonguay.

On soupçonne d’ailleurs que cet impact a accéléré le refroidissement climatique global qui a été enclenché il y a 485 millions et a qui a mené à la glaciation hirnanti enne, l’événement qui a mis fin à l’Ordovicien et entraîné la mort de 70 % des espèces vivantes sur terre.

Plus vieux qu’on pensait

Les premières études sur l’âge du cratère ont été réalisées dans les années 1970 à partir de la datation d’impactites trouvées dans un affleurement du secteur de Sainte-Marie-de-Charlevoix.

Les impactites sont des roches créées par la chaleur, la pression et les mouvements de la croûte terrestre lors d'un impact météoritique important, précise M. Gastonguay.

Des études effectuées au début des années 2000 tendent cependant à montrer que l’impact s’est produit il y a plus longtemps qu’on pensait, jusqu'à il y a 410 millions d'années.

Ce n'est toutefois qu'en 2019 que des travaux ont montré que la chute de la météorite s’est produite il y a 450 millions d’années (plus ou moins 20 millions d’années), ce qui correspond à près de 100 millions d'années plus tôt que les estimations précédentes.

Vers une datation plus précise

Pour le chercheur Nicolas Pinet, de la Commission géologique du Canada (CGC), une estimation de plus ou moins 20 millions d’années reste très imprécise.

En géologie, on est maintenant capable de circonscrire l'âge [d'une roche] de manière beaucoup plus précise; autour de deux à trois millions d’années, explique le géologue.

Ce dernier participe à l’étude géochronologique dont l'objectif est de mieux circonscrire l’âge de l’astroblème de Charlevoix.

La tâche n’est pas facile, puisque la région géologique née il y a plus d'un milliard d'années a connu de multiples événements géologiques, observe Nicolas Pinet.

Trouver les roches témoignant de la chute de la météorite est donc un exercice compliqué qui demande du flair. Et du flair, Jean-Michel Gastonguay en a, lui qui parcourt la région depuis des dizaines d’années. À ses yeux, le projet de datation de l’astroblème est un bel exemple de collaboration entre une organisation de haut niveau, la Commission géologique du Canada, et des chercheurs du collégial. Pour nous, c’est une grande fierté, dit le professeur, qui espère que la collaboration se poursuivra dans le futur.

En septembre dernier, il a accompagné Nicolas Pinet et son collègue Antoine Godet, de la CGC, dans leur recherche des échantillons parfaits. Ensemble, ils ont parcouru la zone du pic central du cratère à la recherche de roches qui pourraient les aider dans leur effort de datation.

Ils ont prélevé une vingtaine d'échantillons dans un rayon allant jusqu’à 7 km du point d'impact (dont le centre est le pic du mont des Éboulements).

Les géologues ont porté une attention particulière aux matériaux vitrifiés et aux cônes associés aux impacts.

Nicolas Pinet rappelle qu’il est difficile de départager les minéraux qui ont été formés lors de l'impact de ceux qui étaient là avant, et de déterminer lesquels ont gardé une partie de leur composition originale. De plus, comme l'histoire de la région est longue et complexe, il y a aussi des pierres ressemblant beaucoup à des roches fondues qui ne sont pas associées à l'impact.

Il y a donc un facteur de chance associé à l’échantillonnage. Le trio de chercheurs espère quand même avoir mis la main, parmi les échantillons, sur celui qui pourrait préciser le moment de l’impact. Dans la vingtaine d'échantillons sélectionnés, on espère avoir deux ou trois bons candidats, indique Nicolas Pinet.

À l'heure actuelle, les échantillons de roche sont transformés en lames minces, c'est-à-dire des tranches extrêmement fines de roche qui sont posées sur une lame de verre, et qui permettent à la lumière de passer à travers afin d'être observée au microscope.

Des photos à très haute résolution seront réalisées de leur contenu, ce qui servira à bien caractériser les minéraux.

Des analyses de pétrographie et de chimie minérale seront également réalisées dans les prochains mois.

Les échantillons les plus prometteurs seront ensuite analysés avec des techniques très précises de datation au laboratoire d’Ottawa de la CGC.

Si on arrive à faire la corrélation entre la chute de la météorite de Charlevoix et la baisse de la température moyenne globale sur terre à la même époque, on pourra penser que cette chute est liée à la première grande extinction de la fin de l’Ordovicien-Silurien, dit avec enthousiasme Jean-Michel Gastonguay, qui rêve de voir la région s’inscrire dans l’histoire de l’évolution de la vie sur la planète.

Le géologue Nicolas Pinet rappelle que le lien entre les deux événements est impossible à établir tant que l’âge de l’astroblème n’est pas précisé, une précision qui pourrait arriver à la fin 2025.

En outre, l'équipe s'intéresse à certaines roches sédimentaires de la région, dont l'analyse pourrait permettre de dater l'impact par une méthode différente et complémentaire.

La théorie des anneaux

En octobre dernier, des scientifiques de l'Université de Monash, en Australie, ont publié une étude dans laquelle ils ont analysé la position et les caractéristiques géologiques de 21 cratères d'impact de météorites – dont celui de Charlevoix – apparus sur terre au cours d'une période connue sous le nom de pic d'impact de l'Ordovicien.

Selon leur théorie, la désintégration d'un astéroïde passant dans le voisinage de la Terre il y a 466 millions d’années aurait mené à la formation d’un système d’anneaux autour de la planète dont la matière serait retombée sur terre pendant une période.

Leurs travaux incluent trois cratères situés de nos jours sur le territoire canadien, dont celui de Charlevoix, et ce dernier est de loin celui qui présente le diamètre le plus important.

De cratère à astroblème

Ce n’est qu’en 1965, grâce aux travaux du géologue Jehan Rondot, du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, que la structure semi-circulaire de Charlevoix a été officiellement associée à un cratère d’impact.

Le géologue y décrit une cicatrice géologique typique observée grâce aux impactites. Dans l'astroblème de Charlevoix, on en observe plusieurs types. Les plus faciles à identifier sont les cônes de percussion qui se forment lorsque l'onde de choc se propage dans la croûte.

Ce sont des roches dont les surfaces présentent des fracturations caractéristiques en forme de queue de cheval, ou de cônes, explique le professeur Castonguay.

De nos jours, la moitié sud du cratère est enfoui sous le fleuve Saint-Laurent, et la moitié nord du cratère est délimitée par la région de Baie-Saint-Paul, à l’ouest, et la région de La Malbaie. à l’est. Le mont des Éboulements correspond au pic central du cratère.

On décrit maintenant les traces de l’impact comme un astroblème puisque le terme désigne les restes d'un ancien cratère d'impact météoritique très érodé.

À l’origine, le choc a créé un cratère de 70 km de diamètre semblable à celui de Tycho, sur la Lune. Ce type de cratère possède une montagne dans le centre, indique Jean-Michel Gastonguay.

De nos jours, le diamètre de l’astroblème est plutôt de 52 km en raison de l’usure du temps.

Le saviez-vous?

L’astroblème de Charlevoix est le troisième plus grand site d'impact connu au Canada, derrière ceux de Sudbury, en Ontario, et de Manicouagan, au Québec, et le onzième plus grand de la planète.

Le Québec possède sur son territoire sept autres astroblèmes, dont ceux de Manicouagan, de Pingualuit, du lac à l'Eau Claire, et du lac Couture.


 

Possible découverte d’un astéroïde minganois sur Google Maps



Extrait de l'article:

Une équipe de scientifiques français étudie un possible cratère d’astéroïde sur la Côte-Nord, jamais identifié auparavant. À quelque 100 kilomètres au nord du village de Magpie, les premiers indices de son existence ont été découverts par un curieux internaute en quête d’aventure.

Joël Lapointe promenait candidement son curseur dans Google Maps sur des chemins forestiers afin de planifier ses vacances en camping lorsqu’un détail lui a accroché l'œil.

"Je vois quelque chose de rond et d’un peu effacé, comme une espèce de fosse d’une quinzaine de kilomètres de diamètre", décrit-il. Quelque chose dans la courbe lui semble suspect. À l’intérieur de cette fosse-là, un autre anneau de petites montagnes d’à peu près huit kilomètres de diamètre, et puis au centre : le lac Marsal.

"Ça, c’est bien trop concentrique pour que ça soit naturel!", s'est-il dit.

M. Lapointe s’est donc tourné vers des chercheurs professionnels. Il a envoyé des courriels à des centres d’ici et d’ailleurs pour enfin attirer l'attention de la Meteorotical Society. C’est à travers cette société vouée à l’étude des matériaux extraterrestres fondée en 1933 que le dossier du lac Marsal tombe sur le bureau du géophysicien Pierre Rochette.

Quelques mois plus tard, M. Rochette reçoit des échantillons envoyés spécialement par le Service géologique du Canada : "Les roches que j’ai récupérées sont des roches qui ont été fondues", commente-t-il. Son équipe et lui sont à la recherche de preuves précises, qui prouveraient qu’un météorite est entré en collision avec la Terre.

"Cela pourrait être des roches volcaniques, mais notre hypothèse, c'est qu'elles ont été fondues par l'impact. Alors, pour vraiment apporter la preuve que ça a été fondu pour un impact, il faut trouver les preuves de très haute pression", indique le chercheur.

Les analyses sont encourageantes, assure M. Rochette, mais elles ne sont pas encore conclusives. "On a reçu dix échantillons et l’un d’entre eux contient un minéral qu'on appelle le zircon, qui est très souvent utilisé pour prouver les impacts", explique-t-il. "Le zircon, c’est un minéral très résistant qui, sous l’effet d’un impact, se transforme."

La découverte d'un impact d'une telle puissance serait majeure, affirme Pierre Rochette. "Pour creuser un cratère de 15 kilomètres de diamètre, en gros, il faut un astéroïde de deux kilomètres de diamètre." Le dernier astéroïde découvert de cette dimension l’a été en 2013, selon le scientifique. "Ça fait un bail."

Si les analyses d’échantillons confirment qu'un astéroïde est bel et bien tombé en Minganie, Pierre Rochette et son équipe prévoient un voyage dans la région pour en tirer de plus amples leçons. "L'idée, c'est d'aller en hydravion sur le lac, qui est vraiment au centre du cratère", prévoit-il. "Et il se trouve qu’en suivant différents plans d'eau, on peut naviguer sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du cratère."

Cette expédition est prévue en 2025.



Tremblements de terre : les zones à risque au Québec



L’immense majorité des séismes dans le monde surviennent le long des plaques tectoniques, qui constituent la partie externe de l’écorce et du manteau de la Terre. Ces plaques se déplacent constamment à des vitesses de 2 à 12 cm par année, se « frottant » les unes aux autres voire plongeant l’une sous l’autre (dans les zones dites de subduction). Les pires séismes, comme ceux qui surviennent au Japon, sont générés dans les zones de subduction. La côte Pacifique du Canada, où plus de 1000 séismes annuels sont enregistrés, fait d’ailleurs partie de ces zones à risque, puisque plusieurs plaques (la plaque pacifique, la plaque nord-américaine et la plaque océanique Juan de Fuca) s’y côtoient dangereusement.

« En fait, 97% de l’énergie sismique relâchée sur la planète est concentrée le long des plaques, souligne Maurice Lamontagne. Les 3% restants concernent les milieux intraplaques. »

C’est le cas du Québec, tranquillement « assis » au milieu de la plaque nord-américaine. « Ici, les séismes sont causés par la réactivation de failles préexistantes, explique le séismologue. Ces failles sont inactives jusqu’à ce que les contraintes [forces exercées sur les roches] accumulées excèdent la résistance de la roche. » Cette dernière se brise alors brutalement, relâchant cette énergie sous forme de séisme.

Les contraintes en question sont probablement dues, en grande partie, à la dorsale située au milieu de l’océan Atlantique, qui marque une zone d’écartement entre deux plaques. Celles-ci s’éloignent l’une de l’autre au rythme d’environ 2 à 3 centimètres par an. « La plaque nord-américaine est poussée constamment vers l’Ouest, explique Maurice Lamontagne. À cela s’ajoute peut-être également des perturbations locales, comme le ʺrebondissementʺ du Québec lié à la disparition de la couverture glaciaire il y a 10 000 ans, ce qu’on appelle le réajustement post-glaciaire. » Enfin, précise-t-il, les failles de certaines régions sont peut-être naturellement plus fragiles, notamment dans Charlevoix en raison de l’impact météoritique qui a dévasté la zone il y a 350 millions d’années.

Trouvé ici.


Carte du relief du Québec (Charlevoix et Manicouagan)




Trouvé ici.


Un cratère météoritique au large de Sept-Îles



Extraits de cet article:

JEAN-FRANÇOIS CLICHE
Le Soleil

Tout indique que la Côte-Nord, qui était déjà l'heureuse propriétaire du plus grand cratère visible sur Terre, le réservoir Manicouagan, vient de s'enrichir d'un autre cratère d'origine météoritique - de 4000 mètres de diamètre celui-là, et situé à seulement quelques kilomètres au large de Sept-Îles.

Les détails de la «découverte», dont le premier auteur est le géologue de l'Université Laval Patrick Lajeunesse, seront publiés dans le prochain numéro de la revue Meteoritics and Planetary Science. Le cratère est situé juste au sud de l'île de Corossol, dans le golfe du Saint-Laurent, à environ 13 kilomètres en face de Sept-Îles. Elle est bien sûr au fond de l'eau, mais la «petite bête» fait 4 km de diamètre et près de 250 m de profondeur.

«C'est une structure circulaire qui avait déjà été repérée en 2001 par les gens du Service hydrographique du Canada, qui cartographient des fonds marins et des habitats pour le homard et d'autres espèces. Eux ont vu la structure, ils ont trouvé ça intéressant et ont agrandi leur image au sonar, mais depuis ce temps-là, personne n'avait fait d'étude géologique sur le cratère pour en éclaircir les origines», explique M. Lajeunesse lors d'un entretien avec Le Soleil.

Et c'est un exercice qui devait être fait parce que beaucoup de trous en forme de cratères ne sont pas creusés par la chute de météorites, mais par divers processus géologiques. Par exemple, l'érosion souterraine causée par l'écoulement de l'eau dans le sol peut provoquer des affaissements en surface; le passage des glaciers peut également laisser des «cratères» aux endroits où le sol est plus friable.

L'examen mené par M. Lajeunesse et six autres chercheurs laisse toutefois peu de doute : l'impact d'un météorite est de loin l'hypothèse la plus réaliste. La forme du cratère, avec son rebond central, est typique des cratères météoritiques. De même, des relevés sismiques ont permis de voir que le fond marin est très craquelé dans le cratère, mais que les fissures se font plus fines et plus rares à mesure que l'on s'éloigne du centre - ce qui trahit un impact violent. Enfin, les chercheurs ont prélevé des échantillons de sol au fond du cratère, y trouvant notamment des espèces de petites billes de verre qui ne peuvent s'être formées que sous des pressions et des températures extrêmement fortes.

Il manque encore toutefois un morceau important à ce casse-tête : un morceau de météorite. M. Lajeunesse et son équipe n'ont pas pu en trouver parce que leur équipement ne leur permettait pas de forer à plus de 9 mètres sous le fond marin. Or, il y a environ 50 mètres de sédiments qui se sont accumulés au fond du cratère depuis sa formation. Avant d'avoir trouvé cette preuve directe, dit le géologue, il faudra parler d'un cratère météoritique au conditionnel, même s'il y a peu de chance pour qu'il ait une autre origine.

Les chercheurs Guillaume St-Onge de l'UQAR, Jacques Locat de l'Université Laval, Mathieu Duchesne de la Commmission géologique du Canada, Michael Higgins de l'UQAC, Richard Sanfaçon de l'Institut Maurice-Lamontagne et Joseph Ortiz de l'Université Kent State ont également contribué à cette découverte.



Les météorites pourraient avoir amené la vie sur Terre



Extraits de cet article:

Comment la vie est-elle apparue ? Selon la théorie de la panspermie, la Terre aurait été colonisée par des micro-organismes venus directement de l'espace. Au vrai, de récents travaux évoquent plutôt la piste de molécules extraterrestres ayant atterri dans les océans de la Terre primitive, y déclenchant des réactions chimiques propices à l'émergence du vivant. Un début d'explication, mais le scénario complet reste à écrire.



Le cratère Manicouagan aura-t-il «son» extinction de masse?



Extraits de cet article du Soleil:

La météorite qui a ouvert l'énorme cratère Manicouagan - 90 km de diamètre, sixième plus grande trace d'impact au monde - sur la Côte-Nord il y a 215 millions d'années, aurait-elle causé une extinction de masse?

Jusqu'à maintenant, on ne lui en connaissait aucune (...) Mais une équipe de chercheurs japonais vient peut-être de mettre le doigt dessus...

(...) une équipe (...) dit avoir trouvé plusieurs signes suggérant qu'à tout le moins, l'impact cataclysmique aurait profondément et durablement bouleversé les écosystèmes marins de l'époque.

Les chercheurs ont trouvé une couche géologique de 4 à 5 cm d'épaisseur dans des sédiments du Pacifique qui date de 215 millions d'années et qui porte des signes patents d'un impact de grande échelle - pic soudain dans l'abondance de certains éléments (ici des éléments de la «famille» chimique du platine), microsphérules se formant à de très hautes températures, etc. Onoue et ses collègues ont examiné les sédiments qui se sont déposés par-dessus, au large du Japon, plus particulièrement à la recherche des squelettes microscopiques en silice que laissent derrière eux certains types de plancton appelés radiolaria ou radiolaires.

Résultat: avant l'impact, ces radiolaires déposaient tous les 1000 ans environ 0,1 gramme de squelettes par centimètre carré de fond marin, mais leur «productivité» s'est écroulée de 80 à 90 % immédiatement après le choc, et ce, pour environ 300 000 ans. La productivité générale de silice biogénique (il n'y a pas que les radiolaires qui en sécrètent) s'est elle aussi écroulée pour quelques dizaines de milliers d'années. Et, fait intéressant, les taux d'extinction des radiolaires ont littéralement explosé après l'impact - mais leur taux de spéciation, soit le rythme auquel de nouvelles espèces de radiolaires apparaissent, s'est lui aussi décuplé en même temps, ce qui a compensé.

Bref, la météorite a non seulement «tapé fort», elle pourrait aussi avoir complètement chamboulé la vie sur la planète.

Cela dit, cependant, on va quand même se garder une petite gêne pour l'instant, puisque ledit bouleversement n'a encore été observé que dans des échantillons au large du Japon. Mais si le même genre d'effet était documenté ailleurs sur la planète, cela deviendrait très intéressant. L'extinction de masse qui a marqué la fin du Triassique (- 252 à - 201 millions d'années) s'est étirée sur environ 15 millions d'années, notent les auteurs de l'étude, et a suivi une courbe en escalier plutôt que de survenir d'un seul coup, comme à la fin du Jurassique (la fin des dinosaures). L'impact de Manicouagan pourrait donc, si cette thèse se confirme, avoir en quelque sorte marqué le proverbial «début de la fin».



Rôle de l'impact de Manicouagan dans l'extinction de la fin du Trias

Extraits de cette étude:

(...) La crise de la biodiversité à la frontière Trias – Jurassique (TJB) a traditionnellement été identifiée comme l'une des «cinq grandes» extinctions massives du Phanérozoïque. 

(...) Les données biostratigraphiques disponibles suggèrent que des groupes fauniques importants dans le domaine marin, tels que les radiolaires, les conodontes et les ammonoïdes, ont connu une extinction en trois étapes au cours des 15 derniers Ma du Trias supérieur (...) Des processus catastrophiques, tels que des épisodes d'anoxie et de volcanisme en panache dans la province magmatique de l'Atlantique central (CAMP) ont été proposés pour tenir compte des deuxième (...) et troisième (...) extinctions. Cependant, la cause de l'événement d'extinction initial (...) a été incertaine, malgré le fait qu'il était apparemment de portée mondiale.



Image ci-dessus: Valeurs isotopiques de l'osmium, diversité générique et paléogéographie au Trias supérieur.

(a) Diversité générique du Trias supérieur des radiolaires, des conodontes et des ammonoïdes (...) par rapport à l'enregistrement isotopique Os dans l'océan Panthalassa. La diminution brutale du rapport Os/Os dans le Norien moyen est synchrone avec l'événement d'impact de Manicouagan à 214–215 Ma. (b) Carte paléogéographique du Trias supérieur montrant les emplacements approximatifs du cratère de Manicouagan et la zone de dépôt présumée (...)


La couche d'argile de la fin du Norien suggère que les anomalies (...) et les microsphérules dans la sous-couche inférieure provenaient d'une source extraterrestre, liée à un événement d'impact qui a formé le cratère Manicouagan de 90 km de diamètre (214-215 Ma). De plus, une analyse magnétostratigraphique montre une interprétation (...) qui est cohérente avec les données paléomagnétiques de la roche fondue de Manicouagan. 

Des études (...) ont révélé que les (anomalies)  (...) résultaient d'un grand impacteur (...) d'un diamètre de 3,3 à 7,8 km. Un impacteur de cette taille produirait un cratère de ~ 56–101 km de diamètre, en supposant une vitesse d'entrée de l'impacteur de 20 km/s, un angle d'entrée de 45 ° (...). La gamme de taille d'un tel cratère est cohérente avec la taille du cratère Manicouagan (diamètre, ~ 90 km).

(...) un dépôt d'éjecta d'impact norien avec quartz et sphérules choqués a été trouvé dans une séquence non marine du Trias supérieur dans le sud-ouest de la Grande-Bretagne, qui a donné un âge  (...) de 214 ± 2,5 Ma. (...) une forte correspondance minérale entre les échantillons de Manicouagan et le gisement d'éjecta fournit des preuves convaincantes que le l'impact de Manicouagan a été à l'origine du gisement d'éjecta de Grande-Bretagne.



Image ci-dessus: Taux d'extinction des espèces radiolaires du Trias supérieur dans l'océan Panthalassa.

Le taux d’extinction de l’événement d’impact du Norien moyen est sensiblement plus élevé que le taux à la frontière Trias – jurassique (TJB). 


(...) Cette étude a révélé que les écosystèmes océaniques du Norien moyen tardif ont subi de profondes perturbations après un événement d'impact important (...) et que l'événement était peut-être lié au cratère Manicouagan de 90 km de diamètre (...) Étant donné qu'aucun grand événement volcanique ne s'est produit dans le Norien, le registre fossile (...) est essentiel pour évaluer l'importance générale des impacts en tant que causes de changements biotiques et environnementaux dans les écosystèmes pélagiques.